Un désir d’action culturelle
« L’action culturelle, que je conçois comme des ateliers en amont et en aval de la création a toujours été pour moi une donnée essentielle à la fois de ma recherche pour la création et de la rencontre avec les spectateurs. Dans mon parcours, j’ai été professeure à l’université de Lille 3, je donnais des cours de théorie théâtrale, d’esthétique, d’écriture dramatique et surtout de pratique scénique. Ce moment de ma vie a été exaltant. J’ai découvert à quel point le théâtre peut aussi être un outil de recherche, de pensée, de questionnement hors d’un cadre professionnel, hors du « milieu » théâtral qui s’étrique parfois quelque peu. Je donne aujourd’hui des ateliers en Centre Psychiatrique auprès de jeunes adolescents, et cela me semble nécessaire tant pour interroger le théâtre que pour mettre le théâtre au service d’une nécessité thérapeutique.
Depuis que mon spectacle, Les Femmes de Barbe Bleue a le bonheur de tourner, je réclame, où que l’on aille jouer, des ateliers. Je me languis d’un temps de recherche en aval de la création avec les spectateurs pour les rencontrer et pour qu’ils partagent un trajet avec nous. Pour ne pas juste jouer et partir. Car chacun dans son regard et dans sa façon d’entrer dans l’imaginaire découvre un monde et nourrit en retour notre regard et notre pratique en tant que chercheurs du plateau. J’en ai besoin moi, beaucoup, pour asseoir la nécessité de ma pratique, pour me « recharger ». Aujourd’hui les ateliers me servent à questionner mes sujets en amont de la création. Je confronte, pour écrire, mes réflexions ou les matériaux que je veux investir à l’imaginaire d’acteurs ou d’amateurs. Les ateliers que je donne sont une première étape à la constitution de ma dramaturgie, de ma recherche, de mon écriture. »
Lisa Guez