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Jonathan Morali

Jonathan Morali est à l’image de ces musiciens solitaires, Philip Glass, François de Roubaix ou Elliot Smith, trop sincère pour se soucier des modes, trop méfiant envers lui-même pour ne pas ouvrir grand son univers, trop épris de perfection pour s’attacher à autre chose que de développer sa propre vérité. Alors il compose, seul dans son studio, entouré de quelques instruments, peu de choses, un piano, deux synthés, une guitare et quelques effets. Et les mélodies qui s’en échappent sont belles et singulières, habitées d’une mélancolie douce et ancienne, comme sorties d’un autre âge, d’un antique folklore qui n’appartiendrait qu’à lui.

Sur scène et sur disque, Jonathan est Syd matters, entouré de ses musiciens et collaborateurs. Auteur de quatre très beaux albums entre 2003 (A Whisper And A Sigh et le poignant Black&White Eyes) et 2011 (Brother Ocean), sa voix magnétique, ses doux arpèges et ses constructions à la fois subtiles et spectaculaires ont imposé un artiste et un style à part, piochant autant dans l’écriture des 60s, l’ampleur et la liberté des années 70 ou les sons synthétiques de la décennie passée. À l’écoute de Everything Else, Obstacles, Hi Life ou encore To All Of You, se dessinent les contours de son univers, une île aux rivages apaisés, à la dense végétation et aux montagnes escarpées. Une île à la fois accueillante et mystérieuse, familière mais pas encore cartographiée, peuplée de singuliers personnages : Kenny, Jackson, Louise, Morpheus, mais aussi des hommes de pierre, des centaures... Parallèlement à Syd matters, Jonathan écrit pour le cinéma. Sous son nom, comme s’il se sentait à l’abri, lové au milieu des images et des personnages de l’histoire qui se raconte à l’écran. À la manière d’un Johnny Greenwood, qui s’échappe du carcan pop de Radiohead sur ses bandes originales, quand Jonathan compose la musique d’un film, il semble donner libre cours à ses envies et ses intuitions. Il travaille la matière même des sons et leurs émotions souterraines, s’attachant aussi bien aux harmonies qu’à l’espace entre les notes, comme libéré des contraintes qu’impose le format d’une chanson. On dit qu’un réalisateur est l’homme d’un seul film qu’il retourne toute sa vie. Jonathan lui, semble écrire toujours la même chanson, à la recherche du juste son, du bon équilibre. Dès End&Start Again, son premier single en 2003, son style était posé : tout à la fois épique et épuré, solaire sans être éblouissant, généreux mais jamais bavard. Disque après disque,chaque chanson laisse apparaitre un subtil changement, une variation légère, une discrète modification de l’harmonie. Et chacun de ces détails vient enrichir un univers musical fondamentalement personnel et pourtant étrangement familier.